Une rentrée chargée pour le bâtiment

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Face à la dégradation des perspectives macro-économiques et à une inflation avérée, la prudence reste de mise sur les scénarios relatifs à l’activité dans le bâtiment. Néanmoins, malgré la crise des matériaux et de l’énergie, le secteur résiste toujours. Le 13 septembre, la FFB a rappelé la nécessité d’une stratégie ambitieuse, durable et pérenne, élaborée conjointement avec le gouvernement.

En dépit du contexte actuel de tension sur les marchés, la construction résiste. Mardi 13 septembre, lors d’un point presse sur la conjoncture du secteur, la Fédération française du bâtiment (FFB) a annoncé que si les mises en chantier étaient toujours en repli à -3,2% entre le premier semestre 2021 et le premier semestre 2022, les autorisations progressaient de +13,9% en glissement annuel sur sept mois à fin juillet 2022. Cependant, et par anticipation de la RE2020, le traitement des dépôts massifs de demandes de permis de construire en décembre 2021 arrive progressivement à son terme. Il a même totalement disparu dans l’individuel avec une chute de 15,5% sur les trois derniers mois. Changement d’ambiance en amont de la filière : entre le premier semestre 2021 et le premier semestre 2022, les ventes s’effondrent de 14,6% chez les promoteurs et de 26,7% chez les constructeurs de maisons individuelles. Cette situation devrait engendrer une baisse des permis et des mises en chantier courant 2023. L’occasion pour Olivier Salleron, président de la FFB, d’insister sur le rôle majeur des acteurs du logement, et de s’interroger sur la possible ponction de 350 millions d’euros (selon Les Echos) envisagée par Bercy sur Action Logement afin de boucler le budget 2023 : « Il faut préserver la capacité d’investissement des acteurs-clés du logement. Je pense notamment aux bailleurs sociaux, et en particulier à Action Logement. Déséquilibrer le modèle financier de ce groupe paritaire par des ponctions financières constituerait un risque supplémentaire dans cette crise du logement à venir », affirme-t-il.

Un risque de pénurie qui ressurgit

Depuis la fin de l’année 2021, côté emploi, les effectifs salariés plafonnent dans le bâtiment avec un solde net de 3.000 postes à fin juin 2022. Une situation due notamment aux tensions de recrutement qui s’accentuent dans les entreprises de plus de 10 salariés et apparaissent relativement stables chez les artisans à l’aune du troisième trimestre 2022. La hausse des prix des matériaux constitue un point de blocage supplémentaire : si des produits comme le PVC, le cuivre et l’acier ont connu une accalmie au cœur de l’été, cela n’a pas été le cas pour les plastiques alvéolaires (isolants) en hausse de 9%. Les produits plats en acier, les tuiles ainsi que les demi-produits en aluminium ont également continué à progresser respectivement de 4,8%, 4% et 3,4%. Depuis le mois de juin, la guerre de l’énergie rebat les cartes. Fin août, les prix ont explosé : +166% pour le gaz naturel et +142% pour l’électricité. « Les matériaux intensifs en énergie à l’instar des aciers, du verre, de l’aluminium, des tuiles et des produits céramiques connaîtront de nouvelles hausses dans les prochains mois », prévient Olivier Salleron, en ajoutant que des industriels ont même été jusqu’à fermer certaines lignes de production de produits aluminium, zinc, acier, tuiles et verre. « Le risque de pénurie ressurgit », assure le président de la FFB.

Quelle stratégie pour le bâtiment ?

Dans le cadre des Assises du BTP pilotées par Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, et Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises et du Commerce, la FFB a formulé plusieurs mesures telles que le recyclage des matériaux. « Les écocontributions sont toujours inconnues à ce jour », indique Olivier Salleron, « nous ne savons pas mettre un pourcentage sur les devis pour le recyclage des matériaux, alors que les devis de 2023 se signent aujourd’hui, voire depuis plusieurs mois sur les gros chantiers. » Trois groupes de travail se sont constitués autour de thèmes comme l’équilibre économique des opérations, la simplification ou la transition écologique. Un quatrième concernant la formation et l’innovation a tout juste été lancé.

Un Conseil national de la construction répondrait par ailleurs à un souhait majeur de la FFB. « Les crises qui se succèdent depuis 2020 illustrent le besoin d’une meilleure coordination de la filière et d’une concertation très régulière avec le gouvernement », explique Olivier Salleron qui poursuit : « Attention à la politique des petits pas ! Nous avons des demandes très précises pour faire décoller le bâtiment et rendre son activité pérenne sur les prochaines années. » Si un gros effort a été accompli sur la construction neuve grâce à la réglementation environnementale 2020, applicable depuis le 1er janvier sur les maisons individuelles et bientôt sur le collectif et le tertiaire, la rénovation du parc de logements peine toutefois à suivre faute de financement. « Les travaux pour une rénovation globale sont très élevés et supérieurs à 45.000 euros. Les aides sont trop faibles mais surtout trop volatiles », estime Olivier Salleron en s’appuyant sur l’exemple des certificats d’économie d’énergie dont les taux qui peuvent changer tous les six mois entraînent de fait une « instabilité chronique ».

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