Caisse des Dépôts : "des résultats exceptionnels" en 2021

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“Exceptionnels”. C’est le qualificatif qui s’est imposé ce 24 mars lors de la présentation à la presse des résultats 2021 des activités de la Caisse des Dépôts. Exceptionnels y compris si l’on compare ces résultats à ceux de 2019, l’année 2020 ayant évidemment été atypique du fait de la crise sanitaire. Le groupe affiche ainsi un résultat net agrégé (bénéfice) de près de 4,6 milliards, contre 777 millions en 2020 et 2,5 milliards en 2019. Dont 3,9 milliards côté section générale (deux fois plus qu’en 2019) et 710 millions côté fonds d’épargne (après dotation du Fonds pour risques bancaires généraux, à hauteur de 1,6 milliard, afin de renforcer la solvabilité du fonds d’épargne et “protéger ce placement des Français”, le livret A).

S’agissant de la section générale, Eric Lombard, le directeur général de la Caisse des Dépôts, y voit un “effet rebond” : reprise économique “permettant le retour à une situation d’avant-crise sur le versement des dividendes sur les actions”, augmentation des valorisations de certains actifs… La reprise des activités opérationnelles des filiales entrent également en ligne de compte, de même que la contribution du groupe La Poste. Concernant le fonds d’épargne, le résultat net témoigne à la fois de la performance des portefeuilles financiers et de la stabilité du taux du livret A sur toute l’année 2021.

Ces résultats positifs – au titre desquels 2,5 milliards sont reversés au budget de l’État –, se retrouvent dans la plupart des “métiers” de la Caisse des Dépôts : gestion d’actifs, Banque des Territoires, politiques sociales (même si une augmentation des frais généraux nuance le tableau), participations stratégiques, Bpifrance, La Poste.

Ainsi, la Banque des Territoires affiche “une activité opérationnelle en très forte croissance”, notamment dopée par le niveau record des dépôts des notaires (46,9 milliards) lié au dynamisme du marché immobilier, a indiqué Eric Lombard. Une activité de prêteur, avec 12,7 milliards de nouveaux prêts signés en 2021. Et une activité d’investissement, avec plus de 2,2 milliards engagés sur environ 300 projets un peu partout en France.

Plan de relance : une montée en charge “très rapide”

Tout ceci intervient dans un environnement porté par le plan de relance de la Caisse des Dépôts, engagé il y a un an et demi, qui doit mobiliser 26 milliards d’euros sur la période 2020-2024. Ce plan atteint aujourd’hui un niveau d’exécution de 60%, a fait savoir Olivier Sichel, directeur général délégué de la Caisse des Dépôts et directeur de la banque des Territoires, évoquant une montée en charge “très rapide” sur ses quatre grands volets : transition écologique, développement économique, cohésion territoriale et habitat, cohésion sociale. De quoi permettre à Eric Lombard de confirmer que la Caisse devrait tenir son pari d’engager 80% de son plan de relance avant la fin de 2022.

Au titre de la transition écologique (2,8 milliards investis sur les 6,3 milliards prévus par le plan), Olivier Sichel cite naturellement la rénovation thermique. Celle des logements, mais aussi des bâtiments publics – un enjeu “très important pour les élus locaux”. La Banque des Territoires a d’ailleurs lancé il y a un mois avec l’État, Enedis et GRDF, le service Prioréno, un outil numérique qui permet à une collectivité de savoir “quels bâtiments doivent être rénovés en priorité”. Et dans le même esprit, le réseau Amorce a annoncé ce 24 mars avoir développé avec la Banque des Territoires un autre outil numérique, eSHERPA, qui permet aux collectivités de “visualiser, cadencer et anticiper le coût des différentes étapes à prévoir pour rénover thermiquement un ou plusieurs bâtiments”.

Deux autres champs de premier plan : l’investissement dans les énergies renouvelables, qu’il s’agisse d’éolien, de photovoltaïque ou de méthanisation (“Nous finançons 25% des nouvelles capacités, investissons dans des Sem, engageons des partenariats avec de grands groupes”), et les mobilités avec le financement de près de 60.000 bornes de recharge pour véhicules électriques.

Sur le front du développement économique (6,2 milliards, sur un objectif de 8,3 milliards d’ici fin 2024), le plan de relance s’est notamment décliné en plans sectoriels : l’industrie (de concert avec Bpifrance), le très haut débit (4,4 millions de locaux raccordables en FTTH, les RIP…), le commerce avec la création à ce jour de plus de 70 foncières de commerce, le plan tourisme

En matière de tourisme, l’année 2021 est restée difficile pour les opérateurs, comme en témoigne la baisse de 61% du chiffre d’affaires 2021 de la Compagnie des Alpes, confrontée à la fermeture des stations de ski et des parcs de loisirs. La société a toutefois bénéficié d’un fort soutien de la Caisse des Dépôts et des dispositifs mis en place par l’Etat. De façon plus large, le plan tourisme de la Caisse a mobilisé 820 millions d’euros. Il s’est doublé l’an dernier de la participation au plan Montagne lancé par l’Etat. Olivier Sichel a également rappelé le lancement d’Alentour, la “plateforme du tourisme de proximité” (voir notre article du 30 septembre 2021). Cette “place de marché” référence plusieurs milliers d’activités proposées par des acteurs économiques locaux et diffusées notamment par le biais des hôteliers.

Une myriade de projets

Le plan de relance, c’est un “ruissellement dans les territoires”, a souligné Olivier Sichel, citant à ce titre quelques exemples de projets financés : l’accompagnement d’une nouvelle offre hôtelière à Toulouse, la construction d’une usine de méthanisation en Alsace, l’investissement dans une foncière de rénovation à Chambéry, des infrastructures en fibre optique à Nantes, un prêt pour la rénovation du cabinet médical de la commune de Sant-Ouen-du-Tilleul…

“Le plan de relance a trouvé son public” auprès des collectivités locales, a complété Kosta Kastrinidis, directeur des prêts de la Banque des Territoires, mentionnant le prêt “relance verte” en faveur notamment de la biodiversité, le prêt “relance santé” pour soutenir les infrastructures médicales, l’Aquaprêt (172 millions de prêts), le champ des “mobilités douces” ou encore celui du bâti scolaire. Également mise en avant, l’intervention de la Banque des Territoires en faveur des “territoires à enjeux”, dont les quartiers politique de la ville, sur lesquels interviennent “des engagements massifs” en complémentarité avec l’Anru et l’Anah. Y compris pour le développement économique de ces quartiers.

L’année 2021 a été également très dynamique pour deux programmes phares intéressant les collectivités territoriales : Action cœur de ville et Petites villes de demain. Au 31 décembre 2021, la Caisse des Dépôts a ainsi déjà engagé, au titre d’Action cœur de ville, 66 millions d’euros de dépenses d’ingénierie (sur 110 millions prévus), qui ont permis de mettre en œuvre 460 missions d’expertise. Celles-ci ont déjà débouché sur 830 millions de prêts pour financer 269 projets. La Banque des Territoires a par ailleurs engagé 240 millions d’euros dans des projets d’aménagement (tiers lieux, commerces, cinémas…). Le programme Petites villes de demain est également bien lancé : 70% des chefs de projets sont en effet recrutés, soit déjà 540 postes sur 720 demandes. Leurs profils sont particulièrement prometteurs, puisqu’il s’agit de professionnels de haut niveau (bac +4 ou 5), très engagés dans le développement territorial et qui vont apporter une forte capacité d’ingénierie auprès des maires, a fait valoir Olivier Sichel.

“Le secteur du logement social dispose des moyens pour investir”

Comme chaque année, le logement, et plus particulièrement le logement social, représente bien-sûr un point saillant de l’activité de la Caisse des Dépôts. Cela se lit dans son bilan puisque les prêts sur fonds d’épargne – essentiellement destinés aux bailleurs sociaux – représentent 193 milliards d’euros d’encours en 2021 (soit 15% du total de l’actif), auxquels s’ajoutent 24 milliards d’actifs financiers directs dans l’immobilier. Cela se lit aussi et surtout dans l’activité de l’exercice 2021, avec la signature de 12,7 milliards d’euros de nouveaux prêts, principalement dédiés à la construction et à la rénovation de logement sociaux. Par ailleurs, CDC Habitat, filiale de la Banque des Territoires, gère en direct un parc de 531.845 logements sociaux ou intermédiaires. Pour être complet, il faut y ajouter la participation stratégique dans Icade, qui a connu l’an dernier une hausse de 15% de son chiffre d’affaires (+219 millions).

Le logement est également une composante forte du plan de relance initié par la Caisse, avec ses 11,1 milliards pour le volet “cohésion territoriale habitat”. Sur ce volet, plus de 6,2 milliards étaient déjà engagés à la fin de 2021, soit 56% du total. Par exemple, dans le cadre du programme d’achat de 40.000 logements en Vefa (vente en l’état futur d’achèvement), 22.000 unités ont d’ores et déjà été mises en chantier.

Toutes ces mesures font qu'”aujourd’hui, le secteur du logement social dispose des moyens pour investir”, avec en particulier un taux de fonds propres de 35% (105 milliards d’euros), un total de trésorerie de 20 milliards, sans oublier la réussite de la souscription des titres participatifs (900 millions d’euros souscrits) et celle de nouveaux produits comme le prêt Octofoncier, qui finance la partie foncière des opérations de construction avec une maturité pouvant aller jusqu’à 80 ans (550 millions en 2021).

Dans ces conditions (voir notre article du 14 septembre 2021), Eric Lombard explique le fait que l’engagement de production de 110.000 logements prévu par le pacte avec le secteur HLM n’a pas été tenu, non pas par un manque de capacité d’investissement des bailleurs, mais par des “injonctions contradictoires” pour les collectivités, entre le besoin de nouveaux logements et la lutte contre l’artificialisation des sols, qui compliquent la délivrance des permis de construire. La réponse passera nécessairement, dit-il, par un effort de densification et de simplification, dans la droite ligne du rapport Rebsamen.

A noter : dans le contexte actuel de l’invasion de l’Ukraine, le sujet pouvait difficilement ne pas être abordé. S’ils sont restés prudents sur une possible évolution des taux – pour l’instant, on ne constate pas de changements significatifs sur les taux longs –, Eric Lombard et Olivier Sichel ont confirmé l’engagement de la Caisse des Dépôts dans l’aide aux victimes de la guerre. Outre deux dons de la Caisse de 500.000 euros chacun en faveur de la Croix-Rouge et du HCR, Adoma – filiale de CDC Habitat spécialisée dans l’insertion par le logement – va libérer 530 logements, dont 200 immédiatement, pour accueillir et accompagner 2.100 réfugiés.

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